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Film

  • FRANCE UN FILM DECAPANT SUR LES MEDIAS ET LA VIE AVEC UNE ACTRICE SUBLIME

    Deux ans après « Jeanne », Bruno Dumont narre le chemin de croix d’une journaliste dans un film trompeur et sidérant.

    Le onzième long-métrage de Bruno Dumont a été hué par le public de Cannes, disent les échos qui sont parvenus au reste du monde. De quoi l’enrober d’une aura de mystère. Dumont a-t-il accouché d’un film maudit ? En tout cas, l’apparition d’Emmanuel Macron dans les premières minutes du film, qui fait face à Léa Seydoux à la faveur d’un montage très Internet, a tout d’un mauvais rêve. La manipulation d’images cherche à placer le film en deçà du cinéma, dans l’espace ingrat de l’image mensongère qui ne se cache pas : le président, incrusté sur fond vert, a l’air d’un géant face au parterre de journalistes. Léa Seydoux mime une sodomie à l’adresse du chef de l’État. L’inverse du mystère. Qui peut se satisfaire d’un tel avilissement ?

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  • UN PEUPLE ET SON ROI

    un peuple et son roi.jpgUn peuple et son roi Pierre Schoeller France, 2 h 1
    Sept ans après l’Exercice du pouvoir, Pierre Schoeller a réalisé Un peuple et son roi. Un film très attendu en hommage à la Révolution française, de la prise de la Bastille à la décapitation de Louis XVI.

    Les Parisiens ont la tête dans l’azur. La Bastille prise, ce 14 juillet 1789, le peuple gobe le soleil comme un jaune d’œuf, un rayon de miel. Trois ans et demi plus tard, le 21 janvier 1793, la monarchie est décapitée. Là aussi, il fallait inventer un ciel, une foule, trouver les moyens de restituer la densité capitale du moment et tout à la fois sa portée.

    Entre le soulèvement populaire et le renversement du pouvoir royal, Pierre Schoeller restitue le processus dynamique, le cheminement accidenté de la Révolution. La tâche était ardue tant les matériaux à manier sont considérables, tant il faut de forces créatrices pour rendre à la vie des faits historiques, les hisser à hauteur de perception sensitive et réflexive. Il fallait aussi une grande ambition, une immense confiance dans son sujet. Quelque sept années de travail ont précédé la réalisation du film, incluant nombre de consultations d’archives, d’échanges avec des historiens. L’hommage que rend le cinéaste à la Révolution impliquait de déployer les répertoires d’événements et d’images depuis les manuels à plat, se forcer à choisir sans rien amputer. Pleine réussite.

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  • En Guerre

    De Stéphane Brizé

    Avec Vincent Lindon, Mélanie Rover,Jacques Borderie

    Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2018. Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site.

    Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi.

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  • « Le Collier rouge » : 1919, procès d’une guerre au cinéma

    Adaptation du roman de Jean-Christophe Rufin, ce film de Jean Becker met à nouveau à l’honneur les gens simples avec un ancien poilu sur le point d’être jugé.

    Obsédants, les aboiements ne cessent jamais. Malgré la chaleur écrasante de cet été 1919, à toute heure du jour et de la nuit, un chien aboie près de la caserne d’une petite ville du Berry. Devenu prison pendant la guerre pour interner les espions et surtout les déserteurs, ce bâtiment n’abrite plus qu’un détenu, Jacques Morlac, un héros de guerre décoré de la Légion d’honneur et le maître de ce chien. Le commandant Lantier du Grez est chargé de le juger. Ce sera l’une de ses dernières affaires, aussi préférerait-il une issue clémente. Il suppose Morlac ivre au moment des faits et lui propose de présenter ses excuses. Ce que l’accusé refuse avec une détermination agressive.

    Sources La Croix

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  • Dany Boon. « La honte de classe, je l'ai connue dans les deux sens »

    Michaël Mélinard, Journaliste à l'humanité dimanche

    L'auteur de « Raid dingue », lauréat du césar du public (prix sans suspense saluant le plus fort succès populaire), renoue avec ses origines dans « la Ch'tite Famille ». Une comédie habilement calibrée pour toute la salle, où Dany Boon retrouve une force et une poésie comiques quelque peu diluées après « Bienvenue chez les Ch'tis ». Acteur et réalisateur à succès, l'homme est locace, généreux et disponible. Une belle rencontre.

    HD. Ce film est un retour aux Ch'tis, mais l'action se déroule principalement à Paris...

    Dany Boon. Je puise mes histoires dans le contraste entre ma vie de gosse, dans une famille très modeste, et ma réussite. J'ai toujours assumé ma famille, mon enfance et ma mixité. Mon père était kabyle. « Bienvenue chez les Ch'tis » était une manière de dire merci à la région pour l'accueil et la fraternité dont mon père a bénéficié en y arrivant de Kabylie. « La Ch'tite Famille » parle plus du contraste entre les deux mondes.
    L'auteur de « Raid dingue », lauréat du césar du public (prix sans suspense saluant le plus fort succès populaire), renoue avec ses origines dans « la Ch'tite Famille ». Une comédie habilement calibrée pour toute la salle, où Dany Boon retrouve une force et une poésie comiques quelque peu diluées après « Bienvenue chez les Ch'tis ». Acteur et réalisateur à succès, l'homme est locace, généreux et disponible. Une belle rencontre.
    HD. Ce film est un retour aux Ch'tis, mais l'action se déroule principalement à Paris...
     
    Dany Boon. Je puise mes histoiresdans le contraste entre ma vie de gosse, dans une famille très modeste, et ma réussite. J'ai toujours assumé ma famille, mon enfance et ma mixité. Mon père était kabyle. « Bienvenue chez les Ch'tis » était une manière de dire merci à la région pour l'accueil et la fraternité dont mon père a bénéficié en y arrivant de Kabylie. « La Ch'tite Famille » parle plus du contraste entre les deux mondes.
     
    HD. Il questionne la honte de classe...
    D. B. Quand j'étais gosse, j'ai eu honte parce qu'on se moquait de moi. Mes grands-parents ont retiré ma mère de l'école à 14 ans pour qu'elle travaille dans leur stationservice. Ce n'est pas un hasard si, dans le film, Pierre Richard a un garage. Mes parents ont eu trois enfants. Ils ont acheté une petite maison de coron qu'ils ont mis leur vie à payer. Ils galéraient. Ma mère s'est formée à la dactylo par correspondance, mais elle n'a pas trouvé de boulot. Du coup, elle est devenue femme de ménage.
     
    À l'école, ça allait encore de dire que mon père était chauffeur routier, mais on se moquait de moi avec une mère femme de ménage. Les enfants sont très cruels. Une fois, sur la fiche, j'ai écrit « maîtresse de maison » pour qu'on ne se moque pas de moi. Le prof m'a dit : « Hamidou (vrai nom de Dany Boon ­ NDLR), c'est quoi, cette profession de maîtresse de maison ? » J'ai bafouillé un truc et il m'a dit : « Femme de ménage, quoi ! » « Oui, c'est ça, Monsieur. » J'ai eu honte. J'avais aussi un très fort accent ch'ti. À l'époque, c'était les prolos qui parlaient comme « cho » Après, j'ai fait du dessin, et je suis sorti avec la fille de mon prof qui était aussi artiste. Je me suis retrouvé dans des dîners très intellos, où ils parlaient d'art et disaient : « Les enfants de prolos réussissent moins bien que les autres parce qu'ils sont moins éveillés à la culture. » J'ai grandi à une époque où on se disait quevalérie c'était possible.

    On avait un accès gratuit à la culture. J'étais inscrit à une bibliothèque, j'allais faire de la natation et du foot aux Sports ouvriers armentiérois. La musique était aussi gratuite. La mairie prenait en charge ces frais pour les enfants d'ouvriers. Quand j'ai commencé à avoir du succès et à gagner de l'argent, la honte était dans l'autre sens. J'avais du mal à accepter de gagner plus que mes parents

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